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Trouver une alternance sans offre publiée

Le marché caché de l'alternance : comment identifier les entreprises de 20 à 200 salariés qui recruteraient un alternant sans avoir publié d'annonce.

Par l'équipe AltBot — publié le 20 juillet 2026, mis à jour le 30 juillet 2026

Tu cherches une alternance dans ta ville, tu filtres sur les job boards, et tu obtiens douze résultats — dont huit qui ne correspondent pas et deux qui datent de six mois. Conclusion apparente : il n'y a rien.

C'est faux. Il n'y a rien de publié. Ce n'est pas la même chose.

La réponse courte

Les entreprises qui recrutent sans publier d'offre se trouvent dans les données publiques : filtre l'annuaire des entreprises de l'État sur ton département et sur la tranche 20 à 200 salariés, écarte les antennes dont le siège est ailleurs, puis vise le service interne correspondant à ta spécialité plutôt que le cœur de métier de l'entreprise. Un département moyen compte environ 1 500 cibles de ce type, contre quelques dizaines d'offres publiées.

Le marché caché, en chiffres

Prends un département français moyen. Il compte environ 1 500 entreprises de 20 à 200 salariés. À un instant donné, combien publient une offre d'alternance sur un job board ? Quelques dizaines, au mieux.

Les 1 450 autres ne recrutent pas forcément. Mais parmi elles, une part significative :

  • accueillerait un alternant si on le lui proposait,
  • n'a jamais publié d'offre parce que le processus est coûteux et chronophage,
  • n'a tout simplement pas identifié le besoin de façon formelle.

Une PME de 60 personnes n'a pas de service recrutement. Publier une offre implique de rédiger une fiche de poste, de payer une diffusion, puis de trier 200 candidatures dont 180 hors sujet. Beaucoup de dirigeants préfèrent recruter par le bouche-à-oreille — ou par la candidature qui tombe au bon moment.

Sur les raisons pour lesquelles ce type de message est mieux accueilli qu'une réponse à une annonce, et sur la façon de le rédiger, voir le guide de la candidature spontanée. Cet article-ci ne traite que du sourcing : comment constituer la liste.

Comment identifier les bonnes entreprises

Le critère numéro un : la taille

Vise 20 à 200 salariés. C'est la zone où :

  • il existe des services internes structurés (informatique, comptabilité, RH, qualité, communication),
  • il y a quelqu'un capable d'encadrer un alternant,
  • ton mail arrive chez une personne qui décide.

En dessous de 20 salariés, il n'y a souvent ni budget ni tuteur disponible. Au-dessus de 200, tu seras redirigé vers un portail de recrutement — et tu retombes dans le circuit des offres.

Dans les données publiques, cette zone correspond aux tranches d'effectif « 20 à 49 », « 50 à 99 » et « 100 à 199 ». Attention à un piège : la tranche affichée pour un établissement est celle de cet établissement, pas celle de l'entreprise entière. Une agence de 12 personnes appartenant à un groupe de 3 000 salariés n'est pas une cible.

Le critère numéro deux : viser le service, pas le métier

C'est le raisonnement le plus contre-intuitif et le plus rentable.

Une entreprise de transport routier n'est pas une entreprise informatique. Mais elle a un parc de postes, un ERP, des tablettes embarquées, un site web, un réseau. Elle a donc un besoin informatique — souvent mal couvert, justement parce que ce n'est pas son cœur de métier.

Le même raisonnement vaut pour la comptabilité, la communication, la qualité, les RH ou la logistique. Presque toutes les entreprises de 20 à 200 salariés ont un service interne correspondant à ta spécialité, quel que soit leur secteur.

Cette bascule multiplie ton vivier par dix ou vingt : au lieu de cibler les 40 SSII de ton département, tu cibles les 1 500 entreprises qui ont un besoin informatique interne.

Corollaire utile : dans ces entreprises, tu n'es pas comparé à trente candidats de ta filière. Tu es souvent le premier à proposer ce profil-là.

Le critère numéro trois : la distance réelle

Une alternance en rythme 3 jours / 2 jours implique le trajet deux à trois fois par semaine, pendant un ou deux ans. Un trajet de 50 minutes tient sur un semestre, rarement sur deux ans.

Trie tes cibles par temps de trajet réel aux heures de pointe, pas par distance kilométrique — et si tu n'as pas de véhicule, par accessibilité en transport. Une liste de 300 entreprises atteignables vaut mieux qu'une liste de 1 500 dont la moitié est hors de portée.

Où trouver la liste

Les données existent et sont publiques et gratuites :

  • L'annuaire des entreprises de l'État (annuaire-entreprises.data.gouv.fr) permet de filtrer par département, tranche d'effectif et secteur.
  • La base Sirene de l'INSEE, la même donnée, en accès brut.
  • Les annuaires de zones d'activité de ton agglomération, souvent publiés par la CCI.
  • Les listes d'adhérents des groupements d'employeurs et clubs d'entreprises locaux, en accès libre sur leurs sites.
  • Google Maps, en balayant les zones industrielles, pour retrouver les sites web.

Ces sources donnent le nom, l'adresse, le secteur et la taille. Il reste à retrouver l'adresse de contact sur le site web de chaque entreprise — c'est la partie fastidieuse.

Trouver l'adresse de contact

Dans l'ordre de rendement :

  1. La page « Contact » du site, puis « Mentions légales » — cette dernière contient presque toujours une adresse valide, obligation légale oblige.
  2. Les liens `mailto:` du pied de page, souvent oubliés lors des refontes et donc toujours actifs.
  3. La page « Recrutement » quand elle existe, même sans offre en ligne.
  4. Le formulaire de contact, en dernier recours : il aboutit à une boîte réelle, mais tu perds la possibilité de joindre le CV.

Préfère une adresse de service (contact@, rh@, recrutement@) à une adresse nominative trouvée ailleurs : dans une PME, elle est lue par la bonne personne, et tu évites l'impression d'avoir fouillé.

Vérifier que la cible est vivante

Avant d'écrire, trois vérifications rapides évitent les envois perdus :

  • Le site répond et son contenu n'a pas cinq ans d'âge.
  • L'entreprise n'est pas en cessation — l'annuaire de l'État affiche l'état administratif.
  • L'adresse n'est pas un domaine expiré : un mail qui rebondit dégrade la réputation de ta boîte d'envoi.

Les filtres à appliquer avant d'envoyer

Toutes les entreprises listées ne sont pas des cibles valables. Élimine :

  • Les auto-entrepreneurs et micro-structures — la tranche d'effectif « 0 salarié » ou « 1 à 2 » n'a pas de sens ici.
  • Les antennes dont le siège est ailleurs — la décision de recrutement ne se prend pas sur place.
  • Les associations et administrations trop petites, dont les circuits de recrutement sont contraints.
  • Les entreprises déjà contactées — recontacter la même boîte trois fois en un mois est le meilleur moyen de se griller.

Ce dernier point suppose de tenir un suivi. C'est indispensable dès que tu dépasses trente candidatures.

Tenir le fichier de suivi

Six colonnes suffisent, dans un tableur : entreprise, adresse de contact, date d'envoi, date de relance prévue, statut (envoyé / relancé / réponse / refus / entretien), note. La colonne « date de relance prévue » est celle qui travaille : sans elle, la relance — qui rapporte le plus par minute investie — n'a jamais lieu.

Ajoute la source de la cible si tu prospectes sur plusieurs canaux : au bout de cent envois, tu sauras laquelle produit des réponses.

Le problème réel : le temps

Reprenons le processus complet, pour une seule entreprise :

  1. La trouver dans l'annuaire et vérifier sa taille — 5 minutes
  2. Trouver son site web et une adresse de contact valide — 5 à 10 minutes
  3. Comprendre son activité pour écrire un paragraphe spécifique — 5 minutes
  4. Rédiger le mail et adapter la lettre — 10 à 15 minutes

Soit 25 à 35 minutes par candidature. Pour atteindre les 100 candidatures nécessaires, il faut environ 50 heures. En parallèle des cours.

C'est là que la démarche s'effondre pour la plupart des étudiants — pas sur la méthode, qui est bonne, mais sur le temps.

Automatiser la partie mécanique

Les étapes 1 et 2 sont purement mécaniques : aucune valeur humaine ajoutée, juste de la recherche et de la vérification. L'étape 3 est semi-mécanique. Seule l'étape 4 mérite ton attention.

C'est ce découpage qu'applique AltBot : la constitution de la liste, la vérification des tailles et la recherche des adresses sont faites à ta place, et les entreprises déjà sollicitées sont écartées automatiquement. Ce qui arrive dans ta boîte, c'est un brouillon à relire.

Questions fréquentes

Combien d'entreprises faut-il lister avant de commencer à écrire ? Une cinquantaine suffit pour démarrer. Constituer une liste de 500 avant d'envoyer le premier mail est la meilleure façon de ne jamais envoyer le premier mail.

Faut-il contacter plusieurs personnes dans la même entreprise ? Non. Une adresse par entreprise, une fois. Deux messages en parallèle dans la même structure se voient et se retournent contre toi.

Les cabinets de recrutement comptent-ils comme des cibles ? Pas dans cette démarche : ils recrutent sur mandat, donc uniquement sur des postes déjà formalisés — exactement ce que ce canal cherche à contourner.

À retenir

L'absence d'offres publiées n'est pas l'absence de postes. C'est l'absence de postes formalisés — et c'est une bonne nouvelle, parce que c'est le seul segment du marché où tu n'as pas 200 concurrents.

Cible par taille, écarte les antennes, vise le service interne plutôt que le cœur de métier, trie par trajet réel, et tiens un fichier de suivi dès la trentième candidature.

Tes candidatures, prêtes chaque matin.

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